Méfiez-vous des imitations…

5 11 2008

Un moment de répit dans une période pas mal chargée. En plus des deux volumes sur lesquels je travaille, une nouvelle cargaison d’épreuves à lire pour les deux derniers volumes de Cendre en Folio-SF, et une petite crève, juste histoire de saluer le temps bien hivernal de ces derniers jours.

Et puis, juste comme je commençais à aller mieux, je suis resté debout la nuit dernière pour regarder les résultats des élections américaines. Je me suis couché à 5h30, juste après le discours de John McCain.

Je ne sais pas si Obama sera à la hauteur des espérances parfois extravagantes de ses supporters, mais son élection demeure une grande satisfaction. Et un soulagement. Peut-être McCain se serait-il davantage détaché de la politique de Bush que sa campagne et ses antécédents le laissaient supposer, mais le spectre de Sarah Palin en position de devenir présidente des USA est un de ces cauchemars avec lesquels il ne faut pas trop jouer.

Bref, tout cela a quelque peu cassé mon rythme de travail, et je suis en roue libre depuis deux jours. Si ça n’avait pas représenté beaucoup d’efforts et d’argent, j’aurais aussi bien pu aller traîner aux Utopiales, saluer Ellen Kushner et Delia Sherman…

Me laissant aller à la pente naturelle de cette petite flemme, j’ai voulu lire le premier chapitre de Memoirs of a Master Forger de “William Heaney”, que j’ai reçu hier. Juste histoire de me faire une idée de ce que ça racontait, bien entendu. En fait, je m’étais composé une image totalement fausse du contexte: la couverture elle-même, qui évoque un vieux bouquin du XIXe siècle, et cette histoire de faussaire, m’avaient suggéré un roman historique. Point du tout, le roman est bien actuel. Ayant établi cela, pris par ma lecture, j’ai  poursuivi bien au-delà de l’échantillon nécessaire à l’établir.

En lisant ce roman, j’ai soudain l’impression de comprendre d’où vient cette imbrication caractéristique entre fantastique et psychologique dans les romans de Graham Joyce (oui, ce Heaney, c’est Joyce qui publie sous un faux nom ses Mémoires d’un faussaire, d’une façon somme toute cohérente): chez lui, le fantastique dépasse l’hésitation entre réalité et surnaturel chère à Todorov, ou la simple métaphore d’un état psychologique du protagoniste. Il y a toujours chez Joyce un lien vital entre les deux: le personnage nourrit le fantastique, qui réagit et l’affecte en retour.

En fait, les personnages de ses romans affrontent souvent le fantastique comme une addiction, en y puisant des avantages relatifs, mais aussi cette implication fusionnelle. La technique est très habile, puisque cette addiction se lie ainsi étroitement à l’aspect psychologique. Je ne suis pas encore arrivé assez loin pour en parler correctement, mais le roman s’annonce comme une nouvelle réussite de cet excellent auteur. Un protagoniste intéressant, complexe, paradoxal, et capable de voir les démons qui nous assiègent et nous guettent en permanence.


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