Parfum de récidive

6 10 2009
À gauche et en bas de la jaquette, Alastair Sim en Miss Fritton; à droite, George Cole (Flash Harry)

À gauche et en bas de la jaquette, Alastair Sim en Miss Fritton; à droite, George Cole (Flash Harry)

Je ne vais pas en faire une habitude, mais comme je viens de regarder ça ce soir, je vais vous reparler de St Trinian’s. Je sais que vous vous interrogiez avec angoisse, et je peux maintenant apaiser vos inquiétudes: oui, St Trinian’s est bien le remake d’un film de 1954 qui s’intitulait The Belles of St Trinian’s. On y retrouve nombre d’éléments: la directrice sœur jumelle d’un individu de morale douteuse (tous deux joués à l’origine par Alastair Sim), la situation financière désastreuse de l’école (manquent quatre mille livres en 1954, et cinq cent mille en 2007 — c’étaient des temps moins dispendieux) que ne peut sauver qu’une magouille impensable pour des gamines bien élevées (ça tombe bien: y en a pas, dans le film). À l’origine, une course de chevaux peut apporter le pactole salvateur; dans le remake, on passe au cambriolage de la National Gallery — c’étaient des temps plus prolétaires.

On retrouve certains personnages: Flash Harry, le magouilleur flambeur et un peu dépassé qui écoule les stocks de gin clandestin des diaboliques pedzouilles (joué par George Cole, que je connaissais beaucoup plus vieux pour l’avoir vu çà et là à la télé GB, notamment dans une adaptation de Blott on the Landscape avec David Suchet en Blott); un haut dignitaire du ministère de l’éducation qui fait une inspection surprise; et certaines scènes: la visite des salles de classe (dans les années 50, on nous épargne la vision scandaleuse du cours de dessin d’après nature (c’étaient des temps plus pudiques), et on va aussi en cours de chimie — secoué par une explosion dès que Miss Fritton et la nouvelle prof sont sorties: « Pauvre Susie. Je lui avais dit de faire attention, avec la nitroglycérine« ).

Les gamines sont beaucoup plus jeunes, bien que certaines vamps aux courbes généreuses aient largement dépassé l’âge de la scolarité (« Et Madge est mariée! » Regard furibond de Miss Fritton: « Ce n’est pas officiel!« ) et elles se déplacent en marée humaine en poussant des hurlements enthousiastes, semant la terreur et la dévastation sur leur passage. Le début est quasi lovecraftien, avec les monstresses en caméra subjective, tandis que le petit village de Barchester (c’est ce cher Anthony Trollope qui serait surpris de se découvrir ces voisines — ça ferait un Bibliothèque rouge assez détonnant, mais peu vendeur) se barricade en les entendant arriver, comme aux plus terribles heures du Blitz. (Petite apparition de Roger Delgado, le premier Master dans Dr Who, dans un rôle si bref qu’il n’est même pas signalé au générique.)

Les petiotes terrifient tout le monde, des autorités (« Il y a eu des incendies criminels, des vols. On parle de lettres anonymes. » « J’avoue que je suis un peu surpris d’apprendre qu’elles savent écrire« ) jusqu’aux parents (Un ami: « C’est bien la fille de son père! » Le père: « Ne dis pas ça. Tu me glaces le sang. ») Les profs sont des alcooliques et des glandeuses sans aucune qualification, et la directrice a du mal à avoir le dernier mot: « Arabella, vous avez été exclue définitivement. » « Joanne a mis le feu à la salle de sports et elle n’a eu qu’une remontrance! » « La salle de sports était assurée. Pas la salle des fêtes. »)

Y a des trafics de chevaux, une inspectrice introduite dans l’école pour arrêter les délits (la pauvre!), un match de hockey viril mais pas correct du tout, et des chausse-trapes que Miss Fritton esquive avec beaucoup de dextérité et d’expérience.

C’est un peu vieillot, totalement couillon, et plutôt marrant. C’étaient des temps bon enfant, si j’ose dire.

* * *

En cherchant la date exacte du film, je découvre un scoop tout chaud de juillet dernier:

David Tennant and Sarah Harding Join St. Trinian’s II: The Legend of Fritton’s Gold

7 July 2009 7:53 PM, PDT | MovieWeb |

Doctor Who star David Tennant and Sarah Harding, a singer with band Girls Aloud, have boarded the comedy St. Trinian’s II: The Legend of Fritton’s Gold.

The film is being produced and directed by Oliver Parker and Barnaby Thompson. Nick Moorcroft and Piers Ashworth penned the script.

The cast also includes Rupert Everett, Colin Firth, Gemma Arterton, Talulah Riley, Jodie Whittaker, Juno Temple, Tamsin Egerton, Celia Imrie and Fenella Woolgar, all of whom appeared in the first pic in the contemporary franchise, St. Trinian’s.

The cast of St. Trinian’s II: The Legend of Fritton’s Gold, in which the pupils and staff of the anarchic girls’ school engage in a hunt for treasure and a battle against a women-hating secret society, also includes up-and-coming thesps Ella Smith, Zawe Ashton and Montserrat Lombard.

Hé bé… David Tennant dans un deuxième volet qui a pour sous-titre un clin d’œil évident au n°2 de La vie, l’amour, les vaches de Ron Underwood, avec Billy Crystal, Bruno Kirby et… Jack Palance! Ça promet.

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