Bronze by Black

24 10 2009
Doc et, derrière sa cousine et ses cinq aides, notamment un Monk un peu trop séduisant pour correspondre à sa description, mais j'aime bien quand même.

Doc et, derrière lui, sa cousine et ses cinq aides, notamment un Monk un peu trop séduisant pour correspondre à sa description, mais j'aime bien quand même.

Non, Lovecraft n’est pas une monomanie chez moi. En fait, j’ai plusieurs autres sujets de prédilection qui sont à la limite de la lubie. Par exemple, j’adore aussi Doc Savage.

Il s’agit d’une série de pulps américains publiés entre 1933 et 1947, et dont le rédacteur principal était Lester Dent, sous le pseudonyme maison de Kenneth Robeson. Chaque mois (tous les deux mois, vers la fin), Clark Savage Jr, dit « Doc », mettait au service du bien une prodigieuse fortune d’or maya et des capacités physiques et mentales extraordinaires, entretenues et affûtées dès l’enfance par une éducation très scientifique. Avec lui, cinq compagnons, chacun expert mondial dans sa spécialité, et parfois sa cousine, la belle Pat Savage, avide d’aventures. Chaque mois, Doc affrontait des plans diaboliques pour s’emparer de richesses cachées, dominer le monde, ou faire le Mal; parfois, les trois à la fois.

J’ai découvert ça en 1968. J’étais à l’époque un fan endurci de Bob Morane, et fin 1967, la collection qui publiait le héros d’Henri Vernes, Marabout Junior, a fait peau neuve pour devenir Pocket Marabout, sous une apparence beaucoup plus élégante et sophistiquée (même si à l’usage, la reliure n’était pas des plus solides). En plus de Bob Morane qui poursuivait ses aventures, démarraient cinq nouveaux héros, qui m’attiraient assez peu (beuh, du western et de l’espionnage!). Mais en mai 68, alors que je rentrais de séances de rééducation de l’œil, j’ai succombé à la tentation. Il faut avouer que résister était impossible: sur la couverture, dessinée de façon assez raide, du deuxième volume de la série Doc Savage, Le Pays de l’épouvante, Doc affrontait un très méchant tyrannosaure, tandis que diverses bestioles ptéranodoïdes voletaient au-dessus d’un volcan.

Seulement voilà: je venais d’être opéré d’un œil, et il m’était strictement interdit de lire pendant un certain temps. Condition inique: pourquoi pas m’interdire de respirer, aussi? Finalement, j’avais sagement opté pour un compromis. J’avais acheté le volume, et chaque soir, je n’en lisais qu’un chapitre — ils étaient courts.

Mais pourquoi est-ce que je vous parle de ça?

Parce qu’il y a (de nouveau) des rumeurs selon lesquelles Doc va être adapté au cinéma. En soi-même, la nouvelle n’a rien d’enthousiasmant: la précédente tentative aboutie, dans les années 1970, a donné un film tarte et kitsch de Michael Anderson, dont les quelques qualités sont noyées sous des monceaux de tares (encore accrues, en français, par l’idée perverse de filer à Doc, summum de la forme physique et du développement intellectuel, la voix de Sylvestre le chat — cheveu sur la langue compris).  Par la suite, j’ai eu quelques espoirs quand Indiana Jones est sorti (Spielberg, à l’époque, avait expliqué qu’il ne voulait pas d’un héros à la Doc Savage, invulnérable et impassible; je pourrais argumenter…). Mais c’est Alan Quatermain qui a décroché le pompon de l’adaptation-qui-pompe-un-succès-en-pouvant-riposter-sans-vergogne-que-le-héros-existait-longtemps-avant-Indy. En plus, les Alan Quatermain n’ont pas été très convaincants, pour rester dans la litote. Plus tard, dans les années 1990, des rumeurs ont annoncé que Schwarzenegger s’intéressait au rôle — par bonheur, sa carrière en politique a démarré avant qu’il ait eu le temps de perpétrer cette abomination (le virage du Gouvernator a également sauvé le Sgt Rock).

Franchement, je ne tenais pas plus que ça à voir Doc au cinéma: il était parfait dans les pulps et l’échec injuste de Capitaine Sky et le monde de demain démontrait si besoin était que même une approche fidèle avait de fortes chances d’aboutir à un fiasco: « artistique » ou commercial.

Et puis, voilà. Récemment, il s’est murmuré que Sam Raimi avait acheté les droits d’adaptation des héros de chez Street & Smith, les éditeurs des plus grands hero pulps. Il n’était pas question d’adapter Doc Savage tout de suite, mais qui sait si, après un film prévu sur le Shadow…?

Vu la qualité actuelle des films hollywoodiens, la nouvelle m’a modérément emballé. Seulement aujourd’hui, Ain’t it cool news annonce que Shane Black est en train de plancher sur le scénario d’un film de Doc Savage, qu’il estime que l’action doit impérativement se situer dans les années trente, qu’il doit absolument y avoir les cinq aides, et que le film doit représenter un condensé des aventures écrites par Dent.

Bon, je ne veux pas trop espérer. Après tout, il faudra déjà que le film sur le Shadow marche (le précédent, qui n’était pas totalement raté, malgré un Alec Baldwin charismatique comme une endive bouillie, s’est planté; toutefois, c’était du Russell Mulcahy), que le scénario fonctionne, et qu’on trouve un metteur en scène qui ne vienne pas mettre un grain de sel de trois tonnes dans la cuisine. Beaucoup de conditions, quoi.

Mais quand même, une lueur d’espoir ne peut s’empêcher de poindre.


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2 responses

25 10 2009
artemus dada

Je suis comme toi sur l’idée d’un Doc Savage au cinéma, mais pourquoi pas.

Beau blog en tout cas.

25 10 2009
mantichore

Merci, fallait bien un petit exutoire à mes vaticinations! ^____________^

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