Name of a dog!

31 10 2009

grandville

Un citoyen de la paisible et très britannique bourgade de Nutwood a été retrouvé baignant dans son sang. La pièce était fermée de l’intérieur, aucun signe de lutte. c’est clairement un suicide. Une belle théorie que l’inspecteur LeBrock de Scotland Yard démonte en dix secondes. Pour lui, Leigh-Otter a été abattu par des agents des mythiques Services secrets impériaux français. Leigh-Otter avait rendez-vous le matin même avec le premier ministre britannique, il était la veille encore à Paris, la Ville-Lumière, Grandville comme on l’appelle, la capitale du tout-puissant empire français. Qu’a-t-il découvert là-bas? LeBrock et son adjoint Ratzi prennent le train pour Grandville afin d’en avoir le cœur net.

albumL’album précédent de Bryan Talbot était le formidable Alice in Sunderland, un somptueux délire de styles et de sujets tournant autour des relations, diverses et plus étroites qu’il ne semblerait, qu’entretenaient Lewis Carroll et la ville de Sunderland, au nord-est de l’Angleterre. Grandville est une nouvelle collision de genres et de citations, pour un résultat épatant et ébouriffant. Polar situé dans un monde steampunk d’animaux humanoïdes, sur une intrigue policière dont les ressorts ne sont pas si éloignés de notre monde, avec des clins d’œil visuels saupoudrés en bonus (une affiche vantant le spectacle d’Omaha la danseuse, une partie de cartes avec des chiens…), Grandville est une histoire d’action qui se fonde sur les anticipations de Robida et les dessins de Grandville, où l’on retrouve le goût de Talbot pour les architectures grandioses, réelles et imaginaires. Aux allusions visuelles répondent des trouvailles dans les noms et des jeux de mots assez discrets dans les dialogues (très british, mais censés être français, comme on le découvre vite).

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Si l’action et l’aventure spectaculaire prédominent, il ne manque pas non plus de clins d’œil plus doux-amers et poétiques, comme cette race animale originaire de la petite ville d’Angoulême ou l’interrogatoire d’une épave dans une fumerie d’opium. L’intrigue tient en haleine à la première lecture, mais un deuxième passage ne sera pas de trop pour se délecter des détails semés avec un art consommé par Bryan Talbot, qui continue à être hanté par le concept de la révolution.

Est-ce bien là une attitude très britannique, je vous le demande?

______________

• Dans un registre également très britannique et rétro, je recommande chaudement la très brève série télé The Mrs Bradley Mysteries, où Diana Rigg en divorcée non conformiste et freudienne circulant en Rolls pilotée par un chauffeur impeccable, résout des crimes dans l’Angleterre des années 1930. Outre le charme de l’actrice principale, toujours pétillante, et le caractère assez excentrique des affaires, on croise nombre de têtes connues, comme Peter Davison (le cinquième Docteur) et David Tennant (le dixième Docteur), ou un tout jeune Russell Tovey (Being Human), entre autres. Dommage vraiment que cette savoureuse co-production entre la BBC et une chaîne étasunienne se soit arrêtée au cinquième épisode.

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7 responses

31 10 2009
Nikolavitch

Mrs Bradley ? Diante, je ne connaissais pas.

J’adore Diana Rigg, va falloir que je me penche là-dessus.

31 10 2009
mantichore

Qui n’adore pas Diana Rigg? C’est un DVD double édité par la BBC, en anglais avec des sous-titres pour malentendants, et sur amazon.co.uk, ça doit coûter la somme faramineuse de £6,00. Autant dire que ce serait péché que de s’en priver. En revanche, je ne comprends pas pourquoi ça s’est arrêté si vite. Les gens n’ont pas regardé??? Mais que les gens sont désolants!

31 10 2009
artemus dada

Il me semble que Grandville est prévu dans la collection BD de Milady .

The Mrs Bradley Mysteries a l’air pas mal du tout.

31 10 2009
mantichore

J’espère qu’ils vont soigner la trado. Y a dans les dialogues des petits clins d’œil qui exigent un minimum de doigté.

31 10 2009
mantichore

Je viens d’achever la vision des « Mrs Bradley Mysteries » et il en est un qu’elle ne résout pas: comment cette série a-t-elle pu durer si peu?

C’est tout à fait épatant, les histoires sont menées à un rythme alerte et guilleret, ce qui n’empêche pas des scénarios portant sur des sujets assez douloureux. Mrs Bradley (Dame Beatrice Adela Lestrange Bradley, dans les romans de Gladys Mitchell, bien qu’on n’emploie que le prénom Adela dans la série), moderne, déterminée, mécréante et perspicace est un personnage superbe, qui apporte un souffle de libération à des milieux gangrenés par des rapports de classe, étouffés par des affaires d’argent et perclus de sordides secrets de famille. Les rapports de Mrs Bradley avec son chauffeur, le sympathique et industrieux George Moody, sont en particulier savoureux, notamment dans les épisodes où apparaît l’inspecteur Christmas, joué par Peter Davison, policier solide, sûr de lui, séduisant et régulièrement à côté de la plaque (il fourre les innocents au bloc avec une régularité de métronome). Christmas tourne autour de Mrs Bradley, qui semble le trouver charmant, au grand dam de George que Christmas se fait un malin plaisir de rabaisser à son rôle de chauffeur.

En outre, la reconstitution est soignée, la bande-son, composée de nombreux airs d’époque (Cole Porter, les Comedian Harmonists, etc.), est entraînante, et les dialogues pétillent — notamment dans les aphorismes que Mrs Bradley confie au téléspectateur, en s’adressant directement à lui.

Je sais qu’il vaut mieux partir en laissant le public un peu insatisfait, mais là, cinq épisodes, c’est vraiment trop court. Quel dommage.

8 11 2009
andré

années 20, en fait (les « Roaring Twenties »).

8 11 2009
mantichore

Dans le premier épisode de la série, on est en 1929. J’ai dit les années 30 pour donner un ordre d’idées général. Les romans, il y en a une soixantaine, donc, je présume qu’ils couvrent un assez large spectre. 🙂

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