He knew all the tricks, dramatic irony, metaphor, bathos, puns, parody, litotes and… satire. He was vicious.

2 11 2009

PythLiv

En 1970, après une quatrième assez piteuse en anglais, matière où j’avais jusque-là brillé, il a été décidé que je ferais l’échange linguiste Bordeaux-Bristol, histoire de perfectionner mon anglais par un séjour d’un mois en Angleterre. Ce fut à Pâques, et ça reste un grand souvenir. En juillet est venu le tour d’Andrew, mon correspondant, que nous avons reçu un mois à Arcachon. Ses tentatives pour me convaincre que Jethro Tull était un groupe génial m’ont laissé de marbre, mais je me souviens aussi d’une conversation qui m’avait marqué. « En Angleterre, on a une série à se rouler par terre, à la télé. » Il m’a dit le nom, qui ne m’évoquait rien et que j’ai vite oublié, et m’a décrit un sketch qui avait l’air très bizarre, avec une vieille dame qui attendait à un arrêt d’autobus et qui, après deux autobus passés sans s’arrêter, faisait un croc-en-jambe au troisième.

J’ai souri avec indulgence. Ça avait l’air amusant, mais un peu neuneu.

Quelques années plus tard, je garde le souvenir d’un extrait de film passé à Monsieur Cinéma, l’émission de Pierre Tchernia. Un laitier se faisait vamper par une capiteuse créature en peignoir et la suivait chez elle pour se retrouver… enfermé dans une pièce avec d’autres laitiers. Pataquesse, ça s’appelait. Ça avait l’air rigolo et je serais bien allé le voir, mais le film, à ma connaissance, a eu en France une diffusion confidentielle qui ne comprenait pas Bordeaux.

Il aura fallu la sortie de Sacré Graal! pour que je voie enfin les Monty Python, qui étaient évidemment les types qui avaient signé cette émission qu’adorait Andrew et dont Pataquesse avait été une sorte de best-of. Depuis, c’est l’amour — y a pas d’autre mot.

Il y a des gens que j’aime profondément, les Python sont de ceux-là. J’ai une grande quantité de livres, de disques (les vinyles et les CD), de cassettes VHS enregistrées, de DVD et désormais de Blu-Ray.

Alors, évidemment Monty Python, the Truth (almost), DVD/Blu-Ray sorti pour le quarantième anniversaire du Flying Circus, je ne pouvais pas le rater. J’ai commencé à regarder (six épisodes d’à peu près une heure chacun, quand même) et je me régale. J’ai beau avoir lu et relu le récit de leurs parcours respectifs et de leur rencontre (notamment dans le massif The Pythons’ Autobiography By The Pythons), le premier épisode, qui traite du sujet, reste un peu magique tandis qu’on voit se mettre en place tout leur trajet: leurs parents, leurs enfances, les études, Oxford ou Cambridge pour les Britanniques de l’équipe, une université américaine pour l’Américain Gilliam, qui plaque tout pour travailler avec Harvey Kurtzmann; la découverte du Goon Show, les diverses rencontres (les Oxford d’un côté, les Cambridge de l’autre et entre les deux, Gilliam et le Bonzo Dog Doo-Dah Band). Des témoignages, des documents d’époque, on voit graduellement se disposer un contexte, des influences, une philosophie.

Montrinity

Dans le deuxième épisode, c’est le Flying Circus, le temps béni où un cadre de la BBC pouvait donner à une équipe de quasi inconnus un créneau et un budget pour tourner une série de treize émissions d’une demi-heure, comme ça (à mettre en parallèle avec un billet récent de Christopher Fowler furieux de voir un projet télé original rejeté par la BBC en faveur d’une nouvelle adaptation d’Emma de Jane Austen). Les débuts difficiles, l’angoisse de faire une émission dans un total silence, le public troisième âge de la première émission, et la divine surprise, la découverte graduelle qu’il y avait des gens qui regardaient!

Dans le troisième épisode, on aborde les problèmes internes, la répartition du travail, les clashes de caractères, principalement Cleese contre Jones. Avec des commentaires, des témoignages de fans célèbres (pêle-mêle Dan Aykroyd, Steve Coogan, Simon Pegg, et j’en passe), la difficile question Quel est le meilleur sketch des Python?, ce qui permet de voir des extraits du sketch du Perroquet mort, de la Danse des poissons giffleurs (Sanjeev Bhaskar déclare, et je me demande s’il n’a pas raison, que des clips de la Danse des poissons giffleurs parachutés sur les zones de conflit pourraient avoir des effets déterminants pour arrêter la guerre et unir les gens dans un éclat de rire — il cite en exemple sa réconciliation avec son père autour de ce sketch). L’émission ne fait pas l’impasse sur les conflits, on sent encore une certaine mauvaise humeur sur certains sujets.

Il me reste trois épisodes à visionner, pour aborder le virage vers le cinéma, puis l’éclatement du groupe. Mais d’ores et déjà, je ne saurais décrire tout le plaisir que j’ai pris à revoir des sketches que je connais par cœur (ah, la leçon de burlesque avec le jet de tartes à la crème) et à entendre cet historique d’un groupe que je place au plus haut de mes références.

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