Zouplà!

25 03 2010

Profitant du point WiFi de l’aéroport, et ne sachant pas trop ce que je vais trouver comme connexions au cours de mon séjour, je marque mon départ pour la WorldCon d’Horreur de Brighton. Treize ans sans grève à la British Airways, et il faut que les négociations échouent la semaine où je pars avec eux. Par chance, la liaison est quand même assurée. Mais c’était bien essayé.

J’ai en principe fini la préface de Jirel (il va falloir un peu nettoyer le texte, je ferai ça dans les pauses transport de mon périple), et sinon, j’aimerais que le temps évite la pluie. À Brighton, ça ne devrait pas être trop grave, étant donné que je vais passer le plus clair de mon temps à l’intérieur du Royal Albion, mais à Bristol, ça m’ennuierait d’effectuer mes balades sous la pluie battante. Pluie qui a tendance à être frisquette, en cette saison.

Je quitte un Bordeaux radieux, évidemment.

Plus tard…

Franchement, ça commence plutôt fort. Arrivé à treize heures, descendu du bus pour faire le tour du pâté de maison et me retrouver au Royal Albion. L’hôtel est situé juste au bout de la jetée de Brighton, difficile de le manquer. Il y a du monde, des têtes connues. L’enregistrement est assez lent du côté de l’hôtel, plus rapide du côté de la convention. Rien que le goody bag, le sac rempli de livres, fascicules et plaquettes gratuits (il y a même un morceau de sucre d’orge — la spécialité locale, qu’on vend sous le nom de Brighton Rock — avec en légende: SOME DOORS ARE BETTER LEFT SHUT… APARTMENT 16) pèse un âne mort et titille déjà la limite de ce que j’avais l’intention de ramener, comme poids de livres. Le programme est un mince hardcover, et le livre souvenir est un énorme pavé.

Nous voilà bien mal engagés.


Ma chambre est grande, un peu biscornue. La fenêtre donne sur une terrasse avec vue imprenable sur le front de mer, la plage et la jetée, d’où parviennent, quand je l’ouvre, les accents d’une musique sur haut-parleurs et le glapiotis des mouettes. Mais la fenêtre close, le calme règne — c’est l’essentiel.

Premier panel à 14h. En attendant que ma chambre soit prête, je vais voir Nina-Gail Anderson gérer un débat sur la notion et le sens de l’étiquette Horreur entre plusieurs scénaristes et écrivains — Mark Morris, Adam Nevill, Conrad Williams, Steve Lockley et Paul Cornell. Durant le débat, entre Ramsey Campbell, tout frais débarqué.


Je pense que je vais aller visiter un peu la ville, tant que la convention n’a pas vraiment démarré. De mon précédent séjour, en 1987, je n’ai gardé que le souvenir du front de mer et d’un cuisant coup de soleil que j’ai récolté en bronzant sur la plage. C’était à Pâques. Franchement, avec le vent glacial et le soleil pâlichon, une réédition du passé semble mal partie. Allègre en tirerait une brillante conclusion sur l’inexistence du réchauffement planétaire.

Ah la vache!

Je confirme que l’hypothèse du hâle britannique ramené de mes vacances a du plomb dans l’aile. Petit coup de tabac, avec éclair, tonnerre et bise glacée, abats d’eau et tout le tremblement. Mais je ne déteste pas un peu de froid à Pâques, même si je préfèrerais contempler ce genre de démonstration climatique quand je suis au chaud à l’intérieur plutôt que quand j’arpente les rues.

Brighton est un curieux mélange de Londres et de station balnéaire, comme on pouvait s’y attendre. Les boutiques mode et les boutiques de sucreries qui vendent les rouleaux multicolores de Brighton rock. De petites rues chargées de maisons victoriennes repeintes de couleurs pastels. Des ruelles exiguës où se mêlent des relents d’urine et de poubelles de restaus. Le Royal Pavillion, que je n’avais encore jamais vu, somptueusement farfelu dans sa retranscription d’un Taj Mahal étalé façon Buckingham Palace ou Windsor. Quelques bouquinistes — je ne regarde même pas les prix. Des bouquins qu’il ne m’intéresserait absolument pas de lire, mais qui me fascinent par leur force d’évocation. Plus par la combinaison Angleterre, froid, Pâques et vieux bouquins, en fait. Quelque part, c’est un concentré d’atmosphère pascale, pour moi.

Des tas de jolis bâtiments kitsch avec toutes sortes de décorations qui me ravissent. Les vicissitudes du climat me font passer dix minutes à tenter de photographier une sirène sur une façade, au zoom, avec les mains qui tremblent et la pluie qui ponctue l’objectif. Je flairerais la volonté de nuire, pour un peu.

Bon, ce soir, ouverture officielle à 18h30 — oui, alors que les discussions avaient déjà commencé, c’est comme ça. Tout le monde n’est pas encore là — Ingrid Pitt et James Herbert arrivent demain — mais il y a assez de têtes connues pour lancer l’affaire.

Dave Carson et Brian Lumley.

Je sors manger avec des amis et je commande de l’agneau à la mongole. Apparemment, c’est de l’agneau bouilli, avec quelques épices — pas mauvais, ceci dit. Mais j’avais fantasmé plus exotique. Un petit bavardage avec Ian Watson, sur l’agneau à la mongole, les places de parking atrocement chères à Brighton et les nouvelles et très bizarres pièces de vingt pence, conduit à quelques petits délires.

Je vais me coucher tôt, je suis vanné. Dehors, le vent hurle.

 


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3 responses

26 03 2010
Fulchibartmus Dada

Mais tu as rallongé ton billet ?!

26 03 2010
mantichore

Alimenté au fil de la journée, corrigé, retaillé, tout ça, quoi…

28 03 2010
Jean-Paul Jennequin

Je n’avais même pas remarqué, pour les pièces de 20 pence. Cela dit, j’ai regardé ma menue monnaie de mon dernier séjour, et j’ai une 5 pence assez graphique aussi.

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