Style en Pier

26 03 2010

Stylistiquement, le Pier de Brighton, sa grande jetée qui s’avance dans la Manche, chargée de boutiques de friandises, de manèges et de chamboule-tout est coincée dans les années 80.

1880 pour son style généralement victoriano-gothique, avec quelques échos indiens: si le Royal Pavillion se prend pour un Taj Mahal en pleines métastases, l’espace clos dévolu aux machines à sous évoque plutôt le Fort rouge à Delhi — mais en zinc, avec des clochetons et coupoles chargés de mouettes gueulardes.

1980 pour la bande-son à base de classiques disco que diffusent les haut-parleurs. Quand je suis parti, visite achevée, ça chantait « Can’t take my eyes off of you » Le pire, c’est que ça me rappelle des souvenirs.

Entre Brighton elle-même qui a l’aspect d’un quartier de Londres parachuté au bord de la mer, et ces attractions familiales fréquentées par les touristes (beaucoup d’ados français, aujourd’hui, sans doute membres de quelque séjour linguistique), Brighton manque quand même d’un charme intrinsèque. Et ce ne sont pas ces baudroies pseudo-baroques, vautrées queue en l’air, qu’on trouve répétées un peu partout dans la ville, qui suffiront à remplir cette tâche.

J’avais envisagé d’intituler ma visite du Pier et de ses fausses mosquées: Ô temps pourri, ô, mauresques. Hélas, le beau temps s’est maintenu. C’est contrariant.

Le vent reste fort et froid. Revigorant comme une bonne claque. Avec des mains froides.

À la convention, j’ai commis l’irréparable: j’ai acheté quatre ou cinq livres. Bon, d’accord: cinq. Mais je guignais The Collected Horror Stories of Mrs Molesworth depuis longtemps, et PS Publishing fait de si jolis livres qu’à une anthologie de nouvelles lovecraftiennes réunies par S.T. Joshi, je ne résiste pas.

Vous me connaissez, d’ailleurs. Je résiste à tout, sauf à la tentation. Et puis, faites pas les surpris: on se dirigeait vers une telle issue, forcément.

Des couloirs qui bifurquent en tous sens et des miroirs incurvés. Ne me dites pas qu'ils ne cherchent pas exprès à perdre les gens!

Visité l’Art Show, au bout d’infinies pérégrinations dans le dédale souterrain du Royal Albion. Évidemment, quand je suis arrivé à la salle, je n’avais plus mon badge sur moi, badge que j’ai dû retourner chercher au Bar Rogue (non, non, je n’ai pas fait de faute de frappe). Et quand je suis enfin revenu, avec badge et bagages, finalement convaincu d’avoir compris le trajet tortueux qui menait là, j’ai découvert un autre chemin qui conduisait au bout de trois mètres de ligne droite directement à l’escalier du Hall. C’est une classique, mais ça demeure un peu agaçant…

Les œuvres exposées? Un peu de tout. Pas mal de Les Edwards — c’est quand même un des invités d’honneur —, de Dave Carson — mêmes raisons: avec deux sculptures dont un bloc de pierre poreuse qui me plaisait bien — et divers noms plus ou moins connus, dont Vincent Chong. Mais aussi beaucoup de variations plus ou moins réussies sur Cthulhu, les vampires et les zombies (à propos de zombies, le nouveau roman de l’auteur d’Orgueil et préjugés avec des Zombies, Seth Grahame-Smith, a été lancé ici: Abraham Lincoln, vampire hunter. C’est purement du préjugé, mais ce sont des bouquins qui me font l’effet de tenir tout entiers dans leur couverture et leur titre. Peut-on écrire une histoire qui ne sera pas redondante, après ça? Je ne sais pas, et j’attendrai qu’on me le dise.)

Ivor se targue d'accueillir dans sa cahute de grandes entreprises, que ses tarots conseillent utilement. Je me demande s'il touche de gros bonus, lui aussi, en fin d'année...

Ce soir, après la massive séance de dédicaces à laquelle je me rends de ce pas, grosse fête à l’Horatio Bar, sur la jetée, encore. Horatio comme Nelson, bien entendu: il y a deux bars, le Victoria et l’Horatio. Les premiers arrivés auront droit à un tour dans l’Hôtel de l’horreur. Après avoir vu de l’extérieur ce train fantôme gentiment conventionnel, je pense que je vais arriver un peu en retard.

Hier soir, je voulais prendre des clichés de la jetée éclairée. Pas de pot, le soir, les lumières sont coupées assez tôt. Sans doute n’est-on pas assez avancé dans la saison pour justifier la dépense. Peut-être le weekend prochain et les vacances de Pâques lanceront-ils la saison des clartés… Je tenterai ce soir de rattraper le coup. Pas de raisons que la Jetée ne soit pas un peu plus belle, éclairée dans la nuit.

En fait, c’est même obligatoire.

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