Bah, Bath…

1 04 2010

Le Royal Crescent. Juste un bout. Il y en a tout un demi-cercle.

Ce matin, le ciel était pur et sans nuage.

J’en ai donc profité pour prendre le bus à destination de Bath, à une vingtaine de bornes de Bristol. C’est une ville qui a eu son heure de gloire sous George III ou IV, et son architecture, certes admirable, est profondément géorgienne (une grande partie du film La Duchesse, où Kiera Knightley interprète Georgina, duchesse de Devonshire, a été tournée là-bas). Il y a une cathédrale, une abbaye, des bains romains et deux ensembles architecturaux remarquables, le Circus, gigantesque rond-point de villas classiques, et le Royal Crescent, long demi-cercle également classique.

L'échelle de Jacob de la cathédrale de Bath.

Et ma foi, je me suis plutôt ennuyé.

D’abord, parce que c’est une architecture belle, sobre et tristouille. La cathédrale avait bien quelques gargouilles et des sculptures, dont une échelle de Jacob importante, mais rien d’aussi abondant et malicieux que la faune aperçue hier sur Ste Mary-Redcliffe. Et puis la prospective de Varley s’applique à plein, ici: foule importante (mais on n’est pas en vacances! Que fichent-ils ici, tous?) qui m’a fait renoncer aux Bains romains (la longueur de la file et le prix d’entrée étaient une synergie puissante), multiplication des restaurants, boutiques de souvenirs et autres pompes à fric — la pub sur les bus de Bristol vante Bath par le slogan: A magical maze of shopping — un labyrinthe magique de shopping. On n’a décidément pas les mêmes valeurs.

Même les divers groupes de théâtre de rue (une farce à la romaine au pied de la cathédrale; un couple de faux petits vieux devant les bains romains, assis à regarder une télé en carton en émettant des opinions diverses) sont des arguments autrement plus dignes d’une visite que la joie de ramener un mug en pseudo-faïence bleue façon géorgienne…

Déjà sous les Romains, on ne trouvait plus de petit personnel convenable...

Une remarque au passage: en septembre 2008, lors d’un séjour à Londres, j’avais repéré par son étal en gare de Marylebone une entreprise de restauration rapide, the West Cornwall Pasty Company, qui proposait des tourtes assez succulentes, basées sur la cuisine traditionnelle de Cornouailles. Un an et demi plus tard, la compagnie a des restaurants au lieu d’étals, et des rivaux ont surgi (j’ai testé: moins bons; mais la WCPC est-elle elle-même restée aussi bonne, après ce développement?): il y a Cornish Bakehouse, basée à St. Ives (As I was going to St Ives/I met a man with seven wives/Each wife had seven sacks/Each sack had seven cats/Each cat had seven kits/Kits, cats, sacks, wives/How many were going to St Ives?) et une autre marque, me semble-t-il, dont j’ai oublié le nom. Quoi qu’il en soit, c’est une intéressante initiative, et ça change des hamburgers.

 

Pigeon d'avril!

Seul point cocasse de ma journée, l’irruption d’un groupe d’hurluberlus, habillés en dimanche prolétaire un peu vieillot, deux hommes et deux femmes, maculés de fiente de pigeon, enveloppés dans un inquiétant et permanent roucoulement de tonnerre (sans doute issu de la mallette que l’un d’eux transportait), qui ont parcouru toute la ville en jetant des regards inquiets vers le ciel et en prenant les gens à témoin du pigeon géant qui les harcelait.

On était le premier avril, faut-il vraiment le rappeler?


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